Acuelh / Accueil
Editoriau / Editorial
D'aicí e de'n pertot
Sociau / Social
Politica / Politique
Istòria / Histoire
Cartabèu/Bloc-notes
Societat / Société
En revista / En revue
Botica / Boutique
Forum
Contact

   
   

Politica / Politique


Grand "bla-bla" ou vrai dialogue productif ? Hervé GUERRERA
18 / 04 / 2019 51 lu(s) 
Grand « bla-bla » ou vrai dialogue productif ?

   En termes de participation le succès serait au rendez-vous. Nombre d’associations, de collectivités, de citoyen-ne-s… se sont emparés de cet espace d’échanges. Et les démocrates que nous sommes ne vont pas s’en plaindre. Ces rencontres, ces palabres ont révélé que dans nos régions l’éloquence, la « tchatche », le droit à la parole, le goût pour la joute verbale n’étaient pas de vains mots. Finalement quoi de plus logique au pays de la targa et du sirventès, ce pays dont le grand Frédéric Mistral dira « Tu qu'ispirant li dous troubaire, Fas pièi mistralejà la voues de Mirabèu… ».

   Et si l’on en croit BFM-TV -mais faut-il croire BFM-TV ?-, les langues régionales ressortiraient des 330 000 propositions du Grand débat. Quand on ne peut que constater, en ce domaine, que rien de sérieux ni de concret ne vient contrecarrer le danger de mort qui menace toutes nos langues cette information, si elle est avérée, est une vraie bonne nouvelle. Elle interviendrait surtout à point nommé, à l’heure ou la réforme Blanquer constitue la plus grande reculade en matière d’enseignement des langues régionales. Ce rappel populaire souligne combien l’actuelle politique austéritaire, sur ce plan comme sur tant d’autres, fait fausse route.

   C’est que ce « nouveau monde » qui ouvre grand les bras à un dictateur chinois, terrible concentré à lui seul des pires affres du capitalisme et du stalinisme, ce nouveau monde qui réprime et blesse les manifestants, ce nouveau monde des premiers de cordée et de l’exonération de l’ISF pour les capitaux mobiliers dits productifs, eh bien, ce nouveau mode, comme on dit chez nous, il ressemble furieusement à l’ancien.

   Il fait écho au temps des révolutions industrielles où un capitalisme débridé ne faisait strictement aucun cas ni des droits des travailleurs, ni des possibilités d’une planète dont on exploitait sans frein des ressources jugées illimitées. Aujourd’hui cette même organisation, qui tend à dégager un profit infini dans un monde fini mais qui est désormais sans alternative à l’échelle mondiale, exerce sur les êtres humains comme sur les ressources naturelles une pression sans cesse croissante.

   La misère sociale plus que jamais présente et les risques climatiques de plus en plus prégnants viennent rappeler que notre système économique de concentration capitalistique mène la vie quotidienne, difficultés de la fin du mois, et la vie tout court, angoisse de la fin du monde, dans une impasse où il devient de plus en plus compliqué de faire demi-tour.

   L’escandilhada de la jeunesse qui se mobilise pour le climat, les 2,5 millions de signataires de l’affaire du siècle, les manifestations monstres pour sauver ce qui peut l’être… témoignent d’une réelle prise de conscience. Prise de conscience que le pouvoir, sous couvert de maintien de l’ordre dit républicain ou de lutte prétendue contre de très dangereux nationalismes, fait tout pour minimiser.

   Il est pourtant là l’avenir, au cœur des mobilisations citoyennes pour les monnaies locales, l’habitat participatif, l’agriculture paysanne et bio, les circuits courts, le slow food , la slow city…, la lutte contre les boues rouges et les autres grands projets inutiles de la LGV et autres TGV … Et tous ces acteurs ou ces parties prenantes de l’économie sociale et solidaire arrivent à nous donner encore espoir dans le monde de demain.

   Mais il ne faudra pas se tromper la lutte pour la diversité biologique, pour la sauvegarde des espèces menacées ne peut que se mener de pair avec le combat pour la diversité culturelle et linguistique. L’un ne peut pas aller, n’ira pas car le risque de le dénaturer profondément est trop grand, sans l’autre !
   C’est le message envoyé par les tenants des langues régionales qui refusent de se taire, qui refusent l’oubli et la mort dans lesquels le centralisme d’Etat veut les enfermer. Qu’en sortira- t-il en terme de propositions ? Il se parle d’un référendum sur la base de plusieurs questions, d’un Questionnaire à Choix Multiples dans lequel la responsabilité politique du pouvoir central ne saurait être remise en cause. Ils ne sont pas fous non plus, pas plus que nous ne sommes dupes ! Mais devant la participation une question se pose : Un item portera-t-il sur nos langues régionales ?

   Rien de moins sûr, bien évidemment, ne rêvons pas ! Simplement de lire, dans des médias qui n’en parlent jamais, qu’il y a un vrai  attachement à nos langues ça fait du bien. Comme font du bien ces jeunes qui défilent pour le climat en affirmant « La planète c’est comme le pastis, c’est mieux avec les glaçons !»

Hervé GUERRERA
Retorn