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GRAND DEBAT? Hervé Guerrera
19 / 03 / 2019 376 lu(s) 
                 GRAND DEBAT ?
   Certes, nous condamnons unanimement les heurts et débordements qui ne sont pas, très loin s’en faut, le seul fait des manifestants, mais nous devons aussi nous réjouir de ce formidable besoin de dialoguer sur la gestion des affaires publiques qui sont effectivement notre bien commun.

   Sur les violences comment ne pas dire que l’utilisation d’armes comme les lanceurs et certaines grenades doivent être, comme dans nombre d’autres pays européens, proscrite ? Comment ne pas être sensibles aux trop nombreux dommages corporels induits ? Comment ne pas dénoncer une loi anticasseurs fortement liberticide et qui renvoie, sur le pouvoir exorbitant de l’autorité administrative, aux pires périodes de notre Histoire ? Cette législation, inspirée par la droite extrême, serait dans les mains de l’extrême droite une arme de désocialisation massive.

   Certes nous avons toutes et tous des réticences et des désaccords sur certaines revendications qui se sont exprimées depuis le début de la crise mais les appels à plus de justice sociale et fiscale, comme le besoin de proximité, de rapprocher les décisions des personnes qu’elles concernent ne peuvent laisser personne indifférent. Sachant que l’échange, la « tchatche », l’éloquence sont au cœur même de la convivialité provençale comment pourrions-nous nous exonérer d’une nécessaire prise de parole publique ? Une parole collective qui sur certains sujets, et il faut s’en réjouir, peut et doit être la parole unanime de toute une ville, un territoire, une région.

   Donnons deux exemples, l’un matériel, l’autre immatériel mais qui tous deux concernent notre patrimoine, notre Histoire comme notre avenir.
   Le premier concerne les services publics comme l’eau. Le grand débat doit être l’occasion de réaffirmer que l’eau, comme nombre de pans de l’économie locale, font partie de notre bien commun et doivent être gérés en régie. Les Véolia et autres grands trusts sont à écarter de la gestion de ce qui appartient au patrimoine des Provençaux et doit le rester. A Marseille le prix du m3 est, en moyenne, 3,5 fois plus élevé que celui d’Aix-en-Provence. Si les eaux sextiennes demeurent gérées en régie, la cité phocéenne a délégué ce service au privé. Et l’actionnaire, toujours plu avide, veut sa part. La liste des autres secteurs serait trop longue mais citons néanmoins: les cuisines scolaires, dont certaines sont exemplaires sur le bio, le local, les deux étant intrinsèquement liés, la cuisine régionale et l’éveil au goût. Quand le privé, type Sodexho, s’empare de ces marchés nous savons que l’appétit du gain réduit la qualité et standardise des repas que les enfants rejettent.
   Les transports en commun, dès lors qu’ils sont gérés en régie, répondent  véritablement aux besoins des habitants. Quand ils font l’objet d’une Délégation de Services Publics, toute demande de modification induit surcouts et avenants. Les tarifications sociales sont beaucoup plus compliquées à mettre en place et les débats sur la gratuité s’avèrent vain dans de tels cadres.
   Le second et dernier exemple touche à notre identité même. Nous sommes 37 000 à demander sur change.org que le nom de Provence soit enfin rendu à notre région. L’insituable SUD ou l’affreux acronyme PACA qui nient notre Histoire et altèrent notre attractivité ne saurait être admis au regard de notre économie, comme des générations futures qui ont besoin de s’identifier à notre région.

   Bien sûr, dans un débat nous ne saurons pas tous unanimes sur la question. Mais pourquoi ne pas proposer, quand le référendum est un vrai combat citoyen, de choisir par cette voie le nom et le périmètre, c’est un clin d’œil à nos amis alsaciens ou occitans d’Auvergne et du Limousin, des Régions ? Le consensus serait, nous en sommes convaincus, très large.

   Enfin il nous appartient également de proposer deux autres revendications institutionnelles de nature à en finir avec le centralisme néo-capétien ou le caporalisme napoléonien de la Vème république :
Transformation du Sénat en chambre des Régions.
Suppression des départements et transferts de leurs compétences stratégiques : mobilités, aménagement du territoire, collèges… aux régions et de proximité au couple commune/regroupement intercommunal !
   Dès lors s’exonérer de ces prises de parole, de ces appels à la citoyenneté, de ces respirations démocratiques nous apparaît comme une erreur, voire une faute politique, au plus noble sens du mot.
   Et même si nous restons sans illusion sur la capacité de l’état libéralo-centraliste Macronien à changer de cap, puisque nous pensons que la résolution des problèmes de fin de mois peut et doit aller de pair avec l’éradication des problèmes de fin du monde, parce que nous avons la conviction que rien ne sera possible sans une prise de conscience et une participation citoyenne massive, nous en appelons à la plus large participation possible.

Hervé GUERRERA
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