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Commentaires sur la guerre des Gauches. Hervé Guerrrera
12 / 02 / 2017 49 lu(s) 
COMMENTAIRES SUR LA GUERRE DES GAUCHES

   Décidément, oui, il y a deux gauches. Celle qui s’inscrit dans l’état d’urgence et le tout sécuritaire, celle du renoncement devant le libéralisme triomphant, celle des promesses oubliées et des restructurations territoriales autant bâclées que castratrices ; et celle qui ferme les frontières et tourne le dos au devoir d’accueil et de solidarité, celle des ministères parisiens et des froids gestionnaires, celle qui a oublié les rêves de Jaurès et les luttes ouvrières.

   Et puis il y a celle qu’on croise sur les marchés. Cette gauche militante prompte à se mobiliser pour la défense des droits, pour un environnement préservé, pour sauvegarder les terres agricoles, dénoncer ces traités transatlantiques, TAFTA, CETA qui éloignent un peu plus les citoyens des centres de décision, refuser les licenciements boursiers, pour le respect des libertés associatives et syndicales.

   Celles et ceux d’entre nous qui aiment le terrain les rencontrent, souvent au quotidien, ces militants. Ils sont « simples citoyens », par choix ou par défaut, écologistes associatifs, alternatifs inorganisés ou militants de partis comme EELV, le PCF, le PG, l’extrême gauche et même le PS ou le PRG. Car cette volonté d’engagement, de bagarre est souvent une question d’état d’esprit. Il n’est pas rare de voir ces acteurs être en contradiction flagrante avec les positions majoritaires de leurs formations politiques.

   Avec eux nous avons des convergences de lutte mais bien sûr aussi des différences, voire des divergences idéologiques. Mais au moins l’action permet, ce que nous n’avons pas l’occasion de faire avec la gauche dite de gouvernement : le partage, l’échange, la confrontation, la joute… Essence même de la démocratie, au sens premier du mot, ces espaces de lutte, y compris dématérialisés, refondent la place, l’agora, le forum de nos ancêtres qui n’étaient pas que gaulois.

   Et ces rassemblements citoyens sont plus que précieux, ils sont essentiels !
   Nous ne pouvons pas combattre seuls -aucun parti politique ne peut le faire-, les dangereux populismes dont l’idéologie lamine, chaque jour toujours plus, le vivre ensemble dans la cité, le village ou le quartier. Les démocrates et les républicains doivent résister ensemble, savoir s’unir pour préserver l’essentiel. Et notre présence dans ces mouvements populaires, qui favorisent une écoute différente, contribue à contrer, localement, ces dangereux démagogues, ces tenants de l’exclusion qui eux aussi labourent le terrain.

   Le centralisme français et la Vème république sont certes à bout de souffle mais si personne n’a encore trouvé la voie du remplacement, du vrai changement c’est sans doute parce qu’ils doivent être construits et non décrétés. Et ces actions, à condition de les valoriser dans un réseau de solidarités -et là encore notre action est requise-, participent de ce « Temps tres » que les régionalistes appellent de leurs vœux.

   Nouveaux chemins à qui il faudra à tout prix éviter les déviances techno centralistes, les erreurs et les errements de la gauche du « centralisme démocratique », l’arrogance des énarques dominateurs piliers inébranlables de cette « gauche qui se dit de gouvernement ».

   A l’inverse nous devons être de ces experts du quotidien qui rappellent, sans cesse, l’Histoire de cette terre de Provence modelée par la politique des grecs, organisée par le droit des romains. L’Histoire de ces bourgeois nourris de libertés communales, de ces troubadours héritiers de l’imaginaire de l’Islam d’Al Andalous qui ont réinventé « la fin amor » et structuré l’Europe. L’Histoire de ce peuple qui, fourches levées vers le ciel, dit non à la tyrannie. L’Histoire de ces républicains de 1851 et de ces maquisards qui ont donné leur sang et leurs vies pour que vive la liberté.
   Et c’est aussi au nom de cette Histoire nous ne voulons plus que soit sacrifiée l’autonomie de décision locale, préemptés les choix populaires par de pseudos intérêts prétendument supérieurs, confisquée la démocratie participative par une représentativité qui ne tourne qu’autour d’elle-même, oublié la citoyenneté par une caste d’édiles, locale ou hexagonale, qui ne protègent que ses propres intérêts.

  Alors, oui, il y a deux gauches. Une éloignée de nos priorités voire à combattre. Mais sans «la gauche de terrain » et même si elle ne porte pas nos choix, par ignorance ou par conviction, serions-nous réellement en capacité d’avancer? Seuls nous ne pourrons rien. Nous avons besoin d’alliés objectifs pour résister, pour faire bouger la société. Et ces bagarres du quotidien, à condition d’être pleinement mobilisés, nous permettront de faire valoir nos options et de redonner une utilité sociale à notre langue. !
                                                                                              Hervé GUERRERA
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