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CONFLIT SNCF : Privatisation ou défense d'un service public? S.F
14 / 04 / 2018 45 lu(s) 
Dossier SNCF-CONFLITS SOCIAUS

Le conflit la SNCF : privatisation ou défense d'un service public vraiment au service du public ?

   Que n'aura-t-on entendu de la part des membres du gouvernement et des médias : les cheminots défendraient un modèle dépassé de transport collectif dans le seul but de conserver leurs privilèges ?
   C'est oublier que pendant des décennies et nous avons déj eu l'occasion de le dénoncer - la SNCF a tout misé sur les lignes grande vitesse ; un militant opposé au  TGV, qui connaissait bien le sujet, disait que les ingénieurs des Mines et des Ponts (et chaussées) n'avaient qu'un objectif : construire des ponts et des tunnels pour laisser une trace de leur talent ; il fallait aussi rentabiliser les tunneliers, ces énormes machines qui creusent les tunnels ; et puis, la France avait voulu sauver Alstom, en lui passant commande de TGV - qui n'étaient pas forcément le modèle le plus adapté nos territoires (il aime les lignes droites, beaucoup moins les courbes); enfin, on pensait que le TGV remplacerait l'avion, ce qui était une bonne chose pour l'environnement.

   Quoiqu'il en soit, le choix de la SNCF envers les lignes grande vitesse s'est fait au détriment des lignes secondaires : abandon de lignes de desserte locale qui seraient pourtant de nouveau dans l'air du temps, maintenant qu'on veut réduire le transport routier, voies et trains mal entretenus, personnel en quantité insuffisante, d'où trains en retard, supprimés, sans oublier le découpage de la SNCF en plusieurs entreprises, ce qui a ajouté la complexité de l'organisation et du fonctionnement du réseau ferré, tout semble avoir été fait pour convaincre les usagers que la SNCF était un modèle obsolète, budgétivore et que les coupables étaient ...les cheminots.

   On nous dit que la majorité des citoyens est d'accord pour que le gouvernement mène la réforme jusqu'au bout...Pourtant, nombre de citoyens considèrent que, comme le droit l'éducation ou la santé, pouvoir se déplacer est un droit fondamental, qui ne doit pas être  soumis des critères de rentabilité.
   De même, une majorité de citoyens est d'accord pour considérer que les autoroutes, gérées par le secteur privé, coûtent très cher aux usagers.

   Quant aux bus Macron supposés remplacer les petites lignes de train, ils se sont vite désengagés des lignes non rentables. Et qu'on ne nous dise pas que le transport par autocar est plus sûr et moins polluant que le train.

           Et qu'en est-il des cheminots ?

   Comme disait un jeune usager interrogé dans une gare vous le feriez, vous ce métier, s'il n'y avait pas quelques avantages ? Moi non ! . D'ailleurs, quels privilèges ? La retraite 55 ans ? C'est un droit théorique, comme est maintenue, dans le régime général, la retraite 62 ans ; mais pour pouvoir la prendre, il faut avoir travaillé 41 annuités. Et puis, en quoi est-on un privilégié lorsqu'on doit s'astreindre des horaires décalés, travailler la nuit, dormir loin de chez soi, le tout agrémenté de quelques accidents de personnes   (désespérés qui se jettent sous le train) ?
   Le vrai problème, lorsqu'on parle de supprimer le statut de cheminot, c'est qu'on veut précariser les emplois : actuellement, un cheminot peut refuser de faire démarrer un train en mauvais état ou en surcharge ; qu'en sera-t-il lorsqu'il aura un emploi contractuel ?

   Puisqu'il est de bon ton de tirer sur les fonctionnaires (Oh, le vilain mot : fonctionnaire!) sachez que dans la fonction publique dtat, on recrute déj des agents contractuels, pour une durée de 6 mois renouvelables 4 fois maximum.  Le rêve pour un gouvernement libéral : ces agents ont un salaire de misère (le fait que certains soient surdiplômés n'y change rien) ; ils ne risquent pas d'émettre des protestations si on leur fait faire des heures supplémentaires ou si on leur demande de laisser tomber un dossier gênant. Imaginez un inspecteur du travail qui n'aurait pas la sécurité de l'emploi ? Pourrait-il s'en prendre une entreprise qui bénéficie de certains appuis en haut lieu sans penser qu'il risque de se faire licencier ?

   Dans les entreprises, depuis une vingtaine d'années on a instauré le principe (anglo-saxon) des autocontrôles ; certains hauts fonctionnaires en ont conclu que les contrôles par les services de ltat ne présenteraient désormais plus guère d'intérêt : résultat, les gros scandales alimentaires de ces dernières années ont tous eu lieu dans des entreprises qui pratiquaient ces autocontrôles...dont les dirigeants ne tenaient pas compte ; même chose avec les scandales des moteurs diesel dont certaines grosses entreprises ont falsifié la pollution.

   Pour en revenir la SNCF, n'existe-t-il pas une autre solution que de la laisser péricliter ou d'ouvrir le rail la concurrence ? Est-il vraiment impossible d'instaurer un service public ferroviaire l'écoute des besoins des usagers, financé par les Conseils Régionaux ?

S.F.
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