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Un autre patrimoine: un engagement discret mais essentiel. S.F.
28 / 06 / 2018 59 lu(s) 
              UN AUTRE PATRIMOINE

      Un engagement discret mais essentiel.

   Dans une actualité particulièrement riche et souvent polémique, il existe des personnes - scientifiques de renom ou simples amateurs passionnés attentifs l'avenir de la planète - qui oeuvrent discrètement pour préserver quelque chose qui nous paraît souvent insignifiant : notre patrimoine géologique.

   C'est une évidence de dire que la géologie a faonné notre mode de vie : la diversité de l'habitat, de l'agriculture, de l'artisanat, lui doit tout, en particulier dans le pays d'Oc : maquis ou garrigue, oliviers, châtaigniers, lavandes, élevage ovin, caprin ou bovin, habitat en pierre ou en bois, mines de bauxite, d'argent, de cuivre...La liste est immense.
   Mais, dans notre société citadine, nous oublions parfois ce que nous devons la géologie ; ainsi, dans les Alpes-Maritimes, l'approvisionnement en eau de toute la population dépend directement de l'eau tombée du ciel qui arrose généreusement nos montagnes, s'infiltre dans les plateaux karstiques (*) où elle creuse des grottes (il reste vraisemblablement de nombreuses et belles grottes découvrir) et réapparaît sous forme de sources ou de cours d'eau.

   Ne pas protéger ces sites, c'est risquer une pollution massive et irréversible de l'eau qui affecterait toute la zone littorale. Cet argument est suffisant pour légitimer une protection absolue de ces formations géologiques.
  
Mais est-on toujours obligé de justifier d'un intérêt vital pour pouvoir réclamer la protection d'un site naturel ? Combien de fois a-t-il fallu mettre contribution un insecte ou une plante rares pour parvenir empêcher la destruction d'un paysage ?
Lorsqu'on ne parvient pas trouver la moindre espèce protégée dans un site, doit-on renoncer le protéger ?
   Prenons l'exemple des Lauves de Tourrettes sur Loup, menacées par la création d'un ensemble d'immeubles (avec l'argument imparable de la nécessité de créer des logements sociaux) ; ce site géologique qui ressemble des coulées de lave est constitué de sédiments marins. Il recèle bien un écosystème spécifique (lézard ocellé, orchidées) on y trouve aussi des fossiles d'animaux marins; tout ceci pourrait justifier de sa protection.

   Mais quand bien même on n'y trouverait rien d'extraordinaire, cette curiosité géologique ne justifierait-elle pas une mesure de sauvegarde simplement au nom de l'amour du beau ?
   Dans un précédent article, nous avons évoqué le projet de création d'un Geoparc UNESCO destiné sauvegarder les sites géologiques de l'Ouest de Alpes-Maritimes.
   Il est envisagé d'étendre ce Géoparc l'Est du Var tout aussi remarquable (les Alpes de Haute Provence ont déj leur Géoparc autour de Digne). Le projet avance, des scientifiques mondialement connus y apportent leur concours mais il faudra sans doute plusieurs mois pour établir sa cartographie partir d'un inventaire précis des différents géosites.

  Actions de préservation, recherches sur le terrain, sollicitation de mécènes et d'élus, le travail ne manque pas ! Signe encourageant, une exposition de minéraux trouvés sur le site volcanique du village de Biot (arbres fossilisés et opale de Biot) a connu un vif succès et ses horaires peu adaptés (horaires de bureau) ont suscité une grande frustration chez tous ceux qui n'ont pas pu en profiter. Une nouvelle exposition est envisagée.
   Mais ce projet est aussi une course contre la montre pour sauver plusieurs sites menacés. Pourquoi, après des décennies d'engagement militant des défenseurs de la nature, partout sur notre planète, doit-on encore se battre, ici et maintenant, pour protéger des sites exceptionnels qui devraient, par hypothèse,  être sanctuarisés ?
          S.F

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(*) karstique : Ensemble de formes développées dans une région où prédominent des roches sédimentaires sensibles la dissolution, calcaires en premier lieu. (Synonyme : relief calcaire.). (Larousse). Le mot karst (du slave kras) désigne un relief particulier associé aux plateaux calcaires. Karst est une région du nord-ouest de la péninsule balkanique, caractéristique de ce type de modelé. La formation des reliefs karstiques est due surtout l'action corrosive et érosive de l'eau, qui dissout le carbonate de calcium. La plupart des karsts actuels résultent de l'évolution des plateaux calcaires (en Croatie, en Grèce, en Italie, etc.) sous le climat tropical de l'ère tertiaire.
   L'essentiel des eaux circule par des réseaux complexes, installés par l'intermédiaire de faille, sous les plateaux calcaires. Elles réapparaissent par des résurgences qui se signalent par des débits intermittents. Les eaux qui surgissent sont souvent chargées de calcaire qui précipite son arrivée la surface (travertins, sources pétrifiantes).

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