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ALERTA CATALONHA.La "turquisation" de l'Estat espagnol. Vincent Tancarel
14 / 04 / 2018 152 lu(s) 
ALÈRTA CATALONHA. La « turquisation » de l’Etat espagnol

   l’Etat « unitaire » et sa « Cour suprême » chargée de l’enquête sur la « sédition » d’octobre a inculpé 25 responsables dont 13 pour rébellion, ils sont passibles de trente ans de prison. C’est un lourd bilan qui frappe le peuple catalan depuis l’envoi par Madrid de 10 000 policiers de la Guardia civil, occasionnant plus de 1000 blessés lors du référendum, l’exil des principaux responsables et élus de la Generalitat et l’incarcération pendant 12 jours de C. Puigdemont en Allemagne à la suite du MAE espagnol. Si la Cour allemande du Schleswig-Holstein n’a pas retenu l’accusation de rébellion, ce qui laisse un répit au président accusé encore de détournement de fonds publics (1,6 M pour l’organisation du référendum !), sa rétention administrative est de rigueur en attendant que la Haute cour statue sur sa situation.

   Les élus et responsables catalans sont accusés de « sédition » ou de « rébellion » alors qu’il n’y a eu   ni violence ni soulèvement populaire, mais une élection gagnée sans violence par l’ensemble des organisations indépendantistes et des mouvements de soutien.
  L’Etat central espagnol est en pleine régression démocratique ; ce qui fait dire à l’écrivain Daniel Penac que l’Espagne est en voie accélérée de « turquisation ». C’est en effet l’article 155 qui a été le prétexte à la suspension de l’autonomie. Cet article, souligne l’ancien juge espagnol Elpidio Silva, est une remise en question des dévolutions et prérogatives de la Généralité. Il est vrai que depuis 1978, ce processus de restrictions des droits autonomiques avait déjà été appliqué sans compter l’ingérence dans les finances catalanes. Or, selon lui, cet article ne permet pas de démettre la communauté autonome de ses charges et encore moins de convoquer des élections. Tous les observateurs objectifs s’accordent à dire que Mariano Rajoy et le Partido Popular ont judiciarisé la politique afin de se protéger de leur propres affaires et de cacher la corruption de leur parti. Là est le vrai « coup d’Etat ».

   En contrepoint,  un silence étourdissant de l’Europe et de la France qui se contentent de donner un blanc-seing au gouvernement Rajoy, alors que la Belgique, la Suisse, la Grande Bretagne ne  poursuivent pas les anciens membres du gouvernement catalan résidents sur leur territoire.

   Une situation difficile pour les Catalans qui sont confrontés à une politique qui a repris le flambeau des vieilles habitudes répressives et autoritaires de l’extrême droite franquiste : la possibilité de poursuivre, selon la constitution (« accusation populaire »), sur plainte d’une personne ou d’un groupe de citoyens,  permettant d’exposer les termes d’accusation au juge. C’est ce qu’a fait VOX, petit parti d’extrême droite : on assiste à une manifestation légale d’interférence du politique dans la justice, action que la majorité des juges refuse.

-Tenons-nous informés de la situation catalane et apportons notre soutien au peuple catalan dans votre ville et votre région. C’est la restriction des libertés démocratiques et des Droits de l’homme qui est en question en Europe. Ne recommençons pas, au nom d’un hypocrite souci de non-ingérence, à refuser  le soutien à un peuple qui a déjà connu l’exode de ses populations et la montée des fascismes des années trente.
                                                                                                               Vincent Tancarel
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