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"OPEN SKY" Valbonne-Sophia Antipolis. Sylviane FRANZETTI
22 / 12 / 2020 381 lu(s) 
« AMENAGEMENT DU TERRITOIRE » …

Le projet controversé « Open Sky » à Valbonne Sophia Antipolis : suite et probablement fin  

   Petit rappel : en 2017, nous avions évoqué la multiplication dans les Alpes-Maritimes de centres commerciaux démesurés et notamment le projet OPEN SKY, à Valbonne, en limite d'Antibes et de Vallauris, avec un « nouveau concept » qui se voulait innovant : sur 40 hectares étaient prévus 150 000 m² de constructions, surfaces commerciales, hôtel, parkings, bureaux, avec un lac et des espaces arborés. Ce projet initié par le sénateur-maire (PS) de Valbonne (liste PS, EELV, apparentés et sans étiquette), repris par la communauté d'agglomération de Sophia Antipolis (majoritairement à droite) puis de nouveau confié à la commune, avait soulevé une vive contestation de la part des habitants et des travailleurs de la technopole, déjà quotidiennement affectés par les problèmes d'engorgement du réseau routier et attentifs à la préservation de l'une des caractéristiques de Sophia Antipolis : ses espaces verts. Il avait aussi suscité les critiques de la part de certains maires comme celui de Cannes, soucieux de préserver les petits commerces. Le sénateur maire de Valbonne qui avait été à l'origine de ces projets avant de céder sa place à la mairie à un adjoint (non cumul des mandats et/ou volonté de mieux se consacrer aux projets de développement sophipolitains) pour devenir simple conseiller municipal avait décidé de se représenter aux municipales de 2020 comme il l'avait, semble-t-il, prévu dès sa démission. Son adjoint devenu maire avait alors décidé de se présenter également ; il expliquait que le projet Open Sky pour lequel il avait voté à l’époque était désormais dépassé mais qu’il était juridiquement impossible de l’empêcher ; tout au plus pouvait-on négocier une diminution de la surface commerciale.

   Une troisième liste directement issue des associations opposées à Open Sky s’est alors constituée et a fondé son programme sur l’arrêt du projet ; les associations étaient persuadées de pouvoir le stopper.
   A l’issue du second tour des municipales où les trois listes s’étaient maintenues, c’est cette liste écologiste / citoyenne qui a été élue.
Retour à la « normale » ?
   Or, ces derniers jours, on apprend que le projet ne pourra pas être contesté : tous les recours ont été purgés et aucun accord financier (indemnisation) n’a pu être obtenu avec le promoteur immobilier pour qu’il renonce à son projet; l’adjoint aux finances, qui était l’ancien président de l’une des associations annonce sa démission ; par articles du journal Nice-Matin interposés, on assiste à des règlements de compte entre le maire qui assure ne pas avoir d’autre solution et l’ex adjoint aux finances, qui reproche au maire d’avoir cédé trop facilement et d’avoir voulu reprendre la gestion de la zone d’activité au lieu d’en laisser la responsabilité à la communauté d’agglomération. Un point positif non négligeable, le projet qui verra le jour sera plus modeste que prévu initialement, comportera moins de surfaces commerciales et ne concernera qu’une zone de friche industrielle, épargnant la forêt voisine.

   Cette situation rappelle celle de la commune voisine de Biot où une liste citoyenne issue des associations qui s’opposaient à un grand projet immobilier au coeur du vieux village (parking Vinci payant, hôtel, etc…) avait été élue en 2014.
   Le contre-projet (un parking plus modeste et la gratuité pour les usagers) avait abouti après dédommagement de Vinci qui en avait été évincé et s’avère globalement réussi.
   Mais la cohésion de la liste citoyenne avait été mise à mal dès lors que d’autres sujets avaient été abordés (décisions ou absence de décisions prises de façon parfois peu transparente par la maire et quelques adjoints et/ou mal comprises par les habitants) ; il en était résulté plusieurs démissions parmi les membres du conseil municipal et un échec aux municipales de 2020 où l’ancien maire de droite, battu en 2014, a été réélu.
Associatifs et politique

   Ces deux exemples conduisent à s’interroger sur les limites de l’engagement en politique d’associatifs, le plus souvent portés par un combat bien précis mais qui, une fois élus, se heurtent aux dures réalités du monde politique et à la nécessité de diriger une commune dans toute la diversité de ses attributions.
   Dans le cas de Biot, en 2014, l’équipe citoyenne avait pourtant élaboré, bien avant les élections et dans le cadre de réunions ouvertes aux sympathisants, un programme complet qui semblait emporter l’adhésion de tous les membres de la liste «de droite, de gauche ou sans étiquette» et avoir tout pour réussir; mais lorsqu’on veut passer de la théorie à la pratique, les divergences surgissent vite (exemple : des logements sociaux, oui mais des immeubles de deux étages dans une zone agricole et pavillonnaire, non) .

   Concernant Valbonne Sophia Antipolis, il faut donc espérer que l’équipe citoyenne en place parvienne à se relever de cet échec cuisant concernant Open Sky et qu’elle retrouve la cohésion et l’entente nécessaires pour gérer au mieux la commune.

Sylviane FRANZETTI

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