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Mais dans quel monde vivons-nous? S.F.
21 / 12 / 2016 71 lu(s) 
LA SOCIETAT COMA VA…

          Du côté des Alpes-Maritimes
                  
          MAIS DANS QUEL MONDE VIVONS-NOUS ?

Réunion de concertation organisée par la SNCF

   Il s’agissait de présenter aux habitants le projet de « ligne nouvelle », tronçon Nice - Cannes par la technopole de Sophia Antipolis : la salle des fêtes du village est comble, le débat s'annonce houleux.
   Les représentants de la SNCF présentent les différents tracés avec force détails techniques tout en essayant habilement d'enjoliver les avantages et de minimiser les inconvénients.
   Officiellement, il s'agit de désengorger la ligne littorale et d'offrir aux travailleurs de la technopole un moyen de transport plus rapide et plus sûr, avec une voie souterraine et une gare en pleine nature (avec 1500 places de parking...toute ressemblance avec une gare TGV serait purement fortuite).
   Les décideurs semblent aussi avoir oublié le bus à haut niveau de service qui se construit, en site propre, entre la gare SNCF d'Antibes et Sophia.
   Les opposants démontrent, cartes à l'appui, que les travailleurs de Sophia habitent dans toutes les communes avoisinantes et que cette voie nouvelle ne résoudra pas leur problème de transport.
   Dès qu'un intervenant rappelle le projet de 3è voie littorale, qui avait été « budgété » et qui a été stoppé une fois terminé le tronçon Antibes-Cagnes, la SNCF répond que ce projet aurait été insuffisant et  qu'il a été abandonné au profit de la ligne nouvelle.
   Au passage, on comprend bien que le désengorgement permettrait surtout aux TGV d'aller plus vite.
     Certaines personnes rappellent la vétusté des TER, le manque de personnel, des difficultés qui pourraient être résolues sans projets pharaoniques. Elles font aussi remarquer qu'une fois les trains arrivés à Nice Ville ou à Cannes, ils retrouveront les deux voies déjà saturées qui mènent à Vintimille ou à Toulon. D'ailleurs, pourquoi l'emplacement prévu pour créer des lignes de voies ferrées supplémentaires à l'entrée de Nice a-t-il été utilisé pour agrandir la voie rapide (routière), mystère ?
     Les tracés nous sont expliqués, sur des cartes peu lisibles où chacun cherche à situer son quartier ; le premier tracé, entièrement souterrain, serait le moins nuisible à l'environnement sauf qu'il passerait dans la nappe phréatique et dans des zones inondables.
      De toute façon, le maire concerné par la nouvelle gare n'en veut pas dans sa commune...Donc, il faut mettre la gare ailleurs (parce que les autres maires y seraient favorables ou parce qu'ils protesteraient moins fort ?). Mais alors, le tracé devra être en partie aérien  (le train n'aime pas les montées et les descentes): quelques beaux viaducs permettront aux riverains de voir passer les trains et surtout de les entendre, au-dessus des gorges de la Brague.
   Nombreux sont les intervenants qui expliquent être originaires d'une autre région et avoir choisi de venir habiter ici pour le calme et l'environnement préservé.
   Certes, l'intérêt général doit passer avant les intérêts particuliers, mais ce projet ne répond pas à l'intérêt général : il aura un impact désastreux sur les espaces naturels, si rares dans les Alpes-Maritimes (Forêt des Bouillides, Parc départemental de la Brague), il ne résoudra pas les problèmes de desserte locale et même il les aggravera puisque, si la future gare doit être entourée d'un immense parking, c'est bien parce qu'on prévoit que des usagers viendront s'y garer.
   Parmi les intervenants, certains s'énervent, hurlent, menacent la SNCF d'un nouveau «barrage de Sivens » ou « Notre Dame des Landes », d'autres expliquent posément qu'ils étaient venus pour s'informer, sans parti pris, mais qu'ils sont à présent convaincus que ce projet ne doit pas se faire. Sauf que les représentants de la SNCF, un rien goguenards, nous font bien comprendre que si l'ensemble des communes concernées et de leurs habitants sont opposés au projet, en revanche, les trois métropoles (Nice, Toulon, Marseille) et la Région y sont favorables.

   Madame le maire conclut en rappelant son opposition au projet et en indiquant, non sans émotion, que le préfet qui, après les inondations tragiques de 2015, lui a interdit d'effectuer des travaux de confortement de la rivière en raison de la présence d'une plante rare, vient de signer un arrêté permettant à la SNCF de piétiner allègrement plantes rares, grenouilles, tortues d'Hermann.
   Sauf erreur (car les coûts sont annoncés de façon assez discrète), ce projet Nice-Cannes devrait coûter près de deux milliards d'euros (d'aucuns parlent de 4,2 milliards)… Et beaucoup plus pour l'ensemble du projet, de Nice à Marseille.

S.F.
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