Acuelh / Accueil
Editoriau / Editorial
D'aicí e de'n pertot
Sociau / Social
Politica / Politique
Istòria / Histoire
Cartabèu/Bloc-notes
Societat / Société
En revista / En revue
Botica / Boutique
Forum
Contact

   
   

Societat / Société


TOPONIMIA TRASOCCITANA- "Château Vaudoir" - Joan Pau MARTIN"
30 / 12 / 2019 23 lu(s) 
               TOPONIMIA TRANSOCCITANA


         UN TOPONIME ESTRANH DINS LO VAR PROVENÇAU
                   «  Château Vaudois »

   En toponimia occitana, lei faus amics fan coá dins la cèrca dau sens dei luecs provençaus.
Un rebat d’aquela question lo trobam dins lo relarg rocabrunenc dau Var. Pasmens la toponimia dei censiers de l’Atge Mejan retrai, tre 1333, que lo toponime mai ancian coneissut es ben Vallis Ysoardi, rial de Fornells ; Vaudoir, Vaudois puei.
Amb vautrei, partem a la descuberta de l’evolucion semantica d’un canton de Racabruna d’Argens. Una aventura que ne’n sedurrarà mai d’un-a… Mai quora Castèu Vaudois rima ambé… douat, siam au pinacle de la normalizaciont reductritz. E aquò puda !

   Dans le cadastre de 1759 on trouve les Hoirs (1) du Sieur Marc Antoine Brunel, coseigneur de Villepeys (2) qui possède une « bastide, écurie, grenier à foin, pré, pauvadour (3), nasquière (4) et terre à Villepeys, quartier de Vaudouart, d’une surface de 29182 cannes  »(5). La bastide, l’écurie et le grenier à foin couvre une surface de 32 cannes carrées, c'est-à-dire 128 m2.

   Je me suis demandé ce que voulait dire le terme « Vaudouart » ; à mon avis on pourrait le traduire par le vallon du fossé, vau voulant dire le vallon, et doua-r-t, « le conduit », bien sûr avec toutes les réserves possibles, en matière de lieu-dit, il ne faut avoir aucune certitude.

   En tout cas, les rédacteurs du cadastre moderne, on traduit Vaudouart  par Vaudois, avec l’ambiguïté de faire un rapprochement avec la secte chrétienne des Vaudois, fondée par Pierre Valdés au XIIe siècle, qui n’a rien à voir avec notre lieu-dit ; le seul problème ici, est que l’on a oublié la langue provençale…

   Il semble que la bastide de Vaudouart ait été le centre de l’exploitation de Marc Antoine Brunel, ainsi que son lieu de résidence. Il ne faut pas voir en lui un noble au sens où nous l’entendons aujourd’hui, simplement un bourgeois qui a acheté une part de seigneurie, c’était l’idéal de ces personnes de vivre noblement.

   Quelques années plus tôt en 1727, le même Marc Antoine Brunel possède déjà la propriété de Vaudouart. (6) Dans le document cadastral de cette année 1727, la propriété est ainsi décrite : « Bastide, courtil,(7)  jas, (8) coulet,(9)  joncquière,(10)  nasquière, pourteau (11)… ». Le portail d’entrée est le signe d’un prestige social. C’était certainement une demeure fort simple, sans architecture et sans luxe décoratif.

   En tout cas le château Vaudois poursuit aujourd’hui la tradition de la bastide du XVIIIe siècle.
                                                                                                                   Jean-Paul MARTIN

1. Les héritiers.
2. Sous l’Ancien Régime, le territoire de Roquebrune était divisé en trois terroirs : Villepeys, Palaison et Roquebrune.
3. On désigne par ce terme provençal, un pré sec qui avait l’avantage de ne pas être inondé l’hiver.
4. Terrain où l’on trouve l’inule visqueuse, la nasca en provençal.
5. Mesure de surface équivalent  à environ 4m2.
6. A Roquebrune, on prononce Vaudoua.
7. Petit jardin clos de murs.
8. Bergerie.
9. Bois, dans mon enfance roquebrunoise, on appelait  les Petites Maures, les coulets de Fournel.
10. Lieu couvert de joncs
11. Portail d’entrée.

Retorn