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POLITIQUE DE LA VILLE : Nouvelles aixoises. Hervé Guerrera
03 / 03 / 2018 68 lu(s) 
POLITIQUE DE LA VILLE

                    NOUVELLES AIXOISES…

   Nous approchons du terme de Joissains III. L’occasion d’un coup d’œil dans le rétro : La Duranne était une colline provençale, la polyclinique restait à côté du Parc Rambot, la Constance une zone d’aménagement différée et Barrida le début de la plaine agricole des Milles.
   20 ans plus tard le non éco quartier abrite, à 20 kms d’ici, plus de 20 000 âmes; la prétendue éco clinique détruit plusieurs hectares du Montaiguet et finira de boucher le pont de l’Arc, les grues sont à la Constance et Barrida va recevoir 600 logements.
   Jamais cette ville déjà très parcellaire avec ses villages et ses quartiers ne s’était autant étalée. Jamais notre forme urbaine n’avait été aussi vite et autant torturée. Que restera-t-il demain de la convivialité provençale, de la personnalité aixoise, avec des populations qui se rencontrent peu ou pas ? Quel avenir commun quand les acteurs culturels, sportifs, universitaires, sociaux… souvent remarquables mais hélas trop cloisonnés peinent à créer des évènements capables de réunir 100% des habitants?

   Nous retrouver pour faire, refaire société, vivre ensemble, vivre mieux ensemble dans la logique méditerranéenne du forum, de la place, cette question reste devant nous. Les aixoise et aixois de demain auront à y répondre et j’espère de meilleure façon que nous sûmes le faire.
Pourtant il fallait bien continuer à s’ouvrir grandir, se développer. Certes ! Mais pas dans n’importe quelles conditions. Quel progrès quand le nombre d’habitants continue de stagner, la population de vieillir et le centre de se dépeupler faute de savoir accueillir familles et enfants ?
   Oui, il faut construire et reconstruire mais sur la base d’une densification harmonieuse en direction de tous. Cette ville respecterait, nous dit-on, les minimas sociaux. La réalité est beaucoup plus nuancée. Les 20% sont à peine atteints et nous restons loin des 25% ; les logements très sociaux sont les grands oubliés de l’urbanisme Joissains/Gallese et plusieurs milliers de demandes sont en souffrance chez les bailleurs sociaux.
   La densification, la ville sur la ville, c’est la réhabilitation des quartiers, le renforcement des zones d’habitation proches du centre. Un centre à repeupler et un commerce de proximité à redynamiser face à des franchisés et autres boutiques pour clientèle non résidente.
   Des espaces pour faire nous en avons : disponibles en centre-ville autour de la SNCF, à Saint Eutrope, Saint Donat… à reconquérir en faisant de la couture urbaine qui répare les balafres autoroutières; à créer avec les quartiers de gare : Luynes, les Milles, Puyricard car les mobilités alternatives à la voiture doivent être au cœur d’un autre développement de la ville.
   Eh oui, aujourd’hui oui nous savons ! La voiture qui vampirise l’espace et pollue l’air asphyxie peu à peu nos villes et nos poumons. Et Aix, avec ses choix d’étalement urbain irresponsable dans ce contexte, échappe moins que les autres à la règle.

   Et c’est peu dire que sur les mobilités nous sommes inquiets :
-Un BHNS amputé d’un tiers qui ne viendra pas jusqu’à Barrida,
-Un autre BHNS pour le poumon économique des Milles dont on est sans nouvelle,
-Aix en Bus qui continue de perdre des usagers lassés des carences du réseau,
-Un couteux avenant Kéolis de 28 millions d’€ annulé par le tribunal administratif,
-Un parc qu’on veut toujours transformer en parking d’hyper centre,
-De vrais aménagements cyclables qui se font toujours attendre,
-Des parkings de centre-ville toujours pas réservés, comme énoncé dans le PDU, aux résidents

   Alors oui, urbanisme éclaté et explosion induite des mobilités individuelles resteront l’apanage des années Joissains. Et cela n’est pas, ne sera jamais notre vision d’une ville durable, respirable, solidaire !

                                                                                                                Hervé Guerrera

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